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MODULE "CANAL DE LA MARNE AU RHIN"CONCOURS "PAYSAGES" GPP/FFMF |
En Juillet 2004 lors d’une commande à G.P.P.
, mon interlocuteur me propose de m’inscrire au concours « Paysages » organisé par G.P.P. et la F.F.M.F.
Malgré quelques réticences liées à un manque de confiance en moi et conjugué à la peur de concourir avec des gens bien plus qualifiés que moi, j’ai tout de même pris la décision de tenter ma chance.
Sans les encouragements de ma fiancée, je ne me serais certainement jamais lancé dans une telle aventure.
Mais je ressentais également le besoin d’un regard extérieur sur mes réalisations, car je pensais que mon proche entourage n’était pas objectif.
J’habite à Forbach sur la ligne Paris-Sarrebruck (Inspiration du réseau de Ferbach). J’ai également habité, à Sarrebourg qui se trouve sur la ligne Paris Strasbourg. Ces deux villes se situent dans le département de la Moselle.
Mon idée, à moyen ou long terme, est de réaliser un réseau modulaire s'inspirant de ces deux lignes. Ce réseau de Type Est, sera donc un mélange entre un paysage industrialisé par l'activité du charbon et un paysage plus verdoyant avec des ouvrages d'art. Deux styles différents mais qui se rencontrent en réalité dans mon département.
Le but du concours GPP/FFMF est de réaliser un paysage sur le thème ferroviaire. L'idée m'est donc venue de créer un diorama qui pourra éventuellement s'intégrer dans le futur agrandissement de mon réseau actuellement en construction. Mon cahier des charges, devait donc répondre aux critères du concours ainsi qu'à mes choix personnels. Je ne m'attarderais pas sur les différentes idées, qui feront de toute manière, l'objet de réalisations futures.
Mon choix s'est orienté vers un ouvrage d'art insolite, mais néanmoins réel. De plus, ce site m'a permis d'utiliser plusieurs techniques nouvelles pour moi et m'offrait la possibilité d'utiliser un choix suffisamment large des produits GPP.
Situé dans la vallée de la Zorn, la ligne Paris - Strasbourg a la particularité de traverser un tunnel de 2690 mètres de long dont l'entrée côté Paris se situe au PK 439 où pénètrent côte à côte, le chemin de fer et le canal de la Marne au Rhin. A savoir, que la ligne SNCF croise le canal par-dessous au centre de cet ouvrage souterrain.
C'est de ce dernier que je vais maintenant vous parler.
Nota :
Les temps consacrés sont donnés à titre indicatif et peuvent se discuter, car ma méthode de travail entraîne des temps de réflexion (avec un petit café) devant mes réalisations. Cette façon de procéder me permet de visualiser, à tête reposée, l'ensemble de mes travaux afin de corriger les imperfections et améliorer, voire changer, les idées de départ conçues lors de la genèse du projet.
Après quelques visites sur le site réel, et une réflexion approfondie sur la genèse du projet, la 1ère phase des travaux a enfin commencé le 10 Octobre 2004.
L’infrastructure est en contreplaqué de 10 mm pour le pourtour et 5 mm pour le plateau.
Réalisation classique déjà expliquée dans de nombreuses revues spécialisées.
Temps consacré : environ 2h30.
La 2ème phase consiste à réaliser le moule en carton du portail des tunnels et des murets du canal. C’est la première fois que je confectionne un moule et que j’utilise le plâtre.
Le fond du moule est composé de plusieurs couches de carton afin de reproduire les différents rebords. Ensuite sont confectionnés les arches et le contour du moule. Pour réaliser l’aspect rugueux des pierres, j’ai posé une feuille d’alu froissée au fond du moule. Après avoir coulé le plâtre j’ai laissé sécher ce dernier 24h00.
Matériel nécessaire : carton, colle super glue, cutter, papier aluminium et plâtre à modeler extra fin.
Temps consacré : environ 5h00.
La 3ème phase longue et fastidieuse, intéresse la gravure des pierres avec un petit tournevis d’électricien.
Le cutter ne donne pas assez de relief. Mais attention il faut un petit tournevis.
Matériel nécessaire : Tournevis, critérium, règle métallique et de la patience, beaucoup de patience.
Temps consacré : environ 7h00.
Nota : les deux petits trous sur la droite, serviront à faire passer les câbles pour l’alimentation des feux. Attention, il faut percer tout en douceur et même pour ce petit diamètre, j’ai fait un avant trou, pour ne pas fissurer le plâtre.
La 4ème phase concerne la pose des voies et caténaires. Je voulais dans un premier temps mettre de la voie code 75. Mais pour raison budgétaire j’ai utilisé le matériel à ma disposition, à savoir la voie Peco code 100 et caténaires JV.
Matériel nécessaire : 2 Rails flexibles Peco Réf SL 100, plaque d’époxy, Poteaux caténaires JV réf 20AB avec 6 fils caténaires réf 230A, colle à bois et peinture Humbrol 113 (peinture flancs des rails)
Temps consacré : environ 5h00.
La 5ème phase consiste à fixer sur un lit de plâtre, l’entrée des tunnels et les petits murets coté canal. Puis, j’ai réalisé dans le futur tunnel, un "tuteur" en contreplaqué de 10 qui maintiendra la future voûte.
L’ossature du mur de soutènement et le muret coté voies dans lequel sera noyé la caténaire sont réalisés en carton plume pour soulager le point du module.
La ballastage classique sera légèrement patiné à l’aérographe à la fin du gros ‘’œuvre’’.
Matériel nécessaire : Ballast rosé GPP B031, carton plume, cutter, critérium, règle métallique, colle à bois
Temps consacré : environ 6h00.
La 6ème phase consiste à habiller en dépron l’ossature du mur de soutènement et des petits murets coté voies. C’est reparti pour un travail de gravure long et fastidieux.
Matériel nécessaire : règle métallique, cutter, critérium, scotch double face (pour fixer le dépron sur le carton plume). Et toujours la patience, beaucoup de patience.
Temps consacré : environ 7h00.
La 7ème phase concerne l'application d'une fine couche de plâtre dans le canal afin d'accueillir la résine. Une fois sec, j'ai poncé le plâtre avec du papier de verre fin, suivi d'une retouche sur les gravures des petits murets.
J’ai ensuite comblé l’ossature du mur de soutènement avec du polystyrène.
Et enfin, les premières couches de peinture. Plusieurs essais (3 ou 4), pour arriver à la couleur finale qui doit ressembler au grès vosgien.
Matériel nécessaire : plâtre, pinceau large (pour le plâtre), petit tournevis, peintures Tamiya et Humbrol.
Temps consacré : environ 8h00.
La 8ème phase sera consacrée à la réalisation du canal. Mise en couleur vert olive et première couche de résine.
C’était la première fois que j’utilisais de la résine. J’ai bien tenté la technique du sèche cheveux, mais j’ai certainement mal pratiqué cette technique, car le résultat était désastreux.
Ma façon de procéder a simplement consistée à étaler la résine avec un pinceau large et après un séchage d’environ 30 minutes, j’ai passé une seconde fois un coup de pinceau. Après le séchage complet (au moins 24h00) les traînées du pinceau donnent l’effet des petites vaguelettes.
C’est à ce moment, que j’ai posé ma péniche sans la coller. Pour donner de la profondeur et l’impression que la péniche est un peu enfoncée dans l’eau, j’ai procédé à une seconde couche de résine.
Chaque couche a une épaisseur de 2 à 3 mm maximum. Les éclaboussures de l’eau sur l’avant de la péniche sont réalisées avec de la colle UHU et de la résine presque sèche, donc très pâteuse. Après un séchage long (2 jours) j’ai fait des traînées blanches à l’avant, de côté et à l’arrière de la péniche.
Puis une troisième couche de résine (très fine même pas 1mm d’épaisseur) toujours avec mon fameux coup de pinceau.
Matériel nécessaire : pinceaux, peinture vert olive Tamiya XF-58, résine Noch 96145, peinture Humbrol n° 34.
Temps consacré : environ 8h00 avec le montage de la péniche.
Nota : la réalisation du canal et des remous d’eau autour de la péniche ont été mes plus grandes difficultés. J’ai même dû gratter avec une spatule la dernière couche de résine, pour la recommencer ensuite, car le résultat ne me convenait pas.
Cette 9ème phase nécessite une grande indulgence de la part du colocataire (copine ou épouse), consiste à modeler les talus en polystyrène. Mais avant cela j’ai mis en place les voûtes des tunnels, réalisées en papier canson gravé, peint et patiné. C’est également lors de cette phase que j’ai patiné les voies ferrées à l’aérographe. Les entrées des tunnels et murs ont été patinés aux moyens de la terre à décor et pinceaux.
Matériel nécessaire : cutter avec de bonnes lames, aspirateur, plâtre et pinceau pour recouvrir le polystyrène d’une fine couche.
Pour la patine, terre à décor GPP Sienne calcinée T 03, Gris clair T 16 et Ombre naturelle T 02.
Temps consacré : environ 4h00.
Comme vous pouvez le constater, nous sommes en période de Noël et cela fait maintenant environ 2 mois que je travaille sur le module.
La 10ème phase, ma préférée, donne le ton et les couleurs du module. Mise en place des rambardes et de la végétation.
Matériel nécessaire : Zeechium, assortiment de sables et flocages :
Woodland scenics : Ballast fin B74, flocages fins T44, T45, T46 et flocages moyens T62, T 63, T64
GPP : flocages 218, 219 et terre à décor SD 6 et SD9
Heki flor 1600, 1601 et 1602
Mini Natur 740-22, 730-22 et 717-22
Temps consacré : environ 10h00.
La 11ème phase est la réalisation du fond de décor. Jusqu’à présent je n’avais jamais réalisé ce type de travail et je me suis donc basé sur un article paru dans Loco Revue de septembre 2000 n° 639. Contreplaqué de 5 mm avec deux sous couches de peinture blanche pour plafond. Une seule couche laisse apparaître le bois. Attention, le bois gondole et une fois la peinture sèche, il faut recouvrir la planche par une seconde planche de même taille et mettre des poids par-dessus. Après plusieurs jours, le fond de décor a retrouvé sa surface plane d’origine.
Matériel nécessaire : peinture pour plafond, gouaches et pinceaux plats de différentes tailles.
Temps consacré : environ 2h00.
La 12ème et dernière phase m’a servi à peaufiner les derniers petits détails.
Mise en place des armoires électriques, amélioration de la végétation.
C’est également lors de cette phase que les doutes étaient les plus grands et les réflexions les plus longues.
Il est vrai que les travaux ne concernaient que de toutes petites interventions par ci par là.
Le temps consacré est de plusieurs heures étalées sur environ 1 mois. Ma dernière intervention sur le module remonte au 21 Avril 2005.
Eh oui, en Alsace Moselle (et non Lorraine) les trains roulent à droite.
La jeune femme au dessus du tunnel attend son chéri.
Il est quelque part en bas au niveau du canal et des voies SNCF pour prendre des photos.
Mais pourquoi prendre des photos de ce site ?
Plus que positive. Certes, le résultat du concours y est pour quelque chose. Mais les réactions des colistiers (liste de discussion EspaceTrain) et des personnes du milieu ferroviaire en général sont toutes aussi importantes. Leurs encouragements sont un moteur non négligeable et m’ont permis de constater que la passion engendre forcément le talent. J’en veux pour preuve tous les modules de ce concours et les différentes réalisations ferroviaires. Evidemment, la route est encore longue et je dois encore progresser. Mais ne dit-on pas que c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Alors, si comme moi, vous n’osez pas, allez y, lancez vous. Vous découvrirez que bien au-delà du résultat, l’échange est bien plus gratifiant.
Nous sommes tous dans le même bateau ou plutôt dans le même train. Ce type de concours ne doit pas être une rivalité entre nous, mais un moyen de communication, d’échanges et de partages.
Pour terminer, je tiens encore à remercier tout le monde et représenter toutes mes sincères félicitations aux autres participants pour leurs merveilleuses réalisations.
Amicalement Pascal G. dit Gigi.