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L'étoile de Paulhanpar Cyril Bras |
A l'époque de l'essor des chemins de fer, le département de l'Hérault disposait d'un vaste réseau d'intérêt général et local.
Nous allons ici nous intéresser particulièrement à la gare de Paulhan, car cette dernière occupait une place importante dans ce schéma. Cette petite bourgade héraultaise était le point de convergence de plusieurs lignes de la compagnie du Midi.
Le chemin de fer y fit son entrée avec la construction de la ligne Agde - Lodève qui fût ouverte le 8 août 1863 jusqu'à Clermont L'Hérault puis le 14 août de la même année jusqu'au terminus.
Une seconde ligne relia le village à Montpellier le 2 décembre 1869. Enfin une troisième ligne fût créé en direction de Roujan Neffiès en 1875. Cette dernière permit la liaison avec la ligne des Causses le 10 avril 1877.
Comme nous venons de le voir, cette ligne a été la première à desservir Paulhan. La desserte de cette région très viticole assura un trafic marchandise important pendant de nombreuses décénies.
La ligne aurait même dû être prolongée afin de rejoindre directement la ligne des Causses et ainsi assurer une desserte directe jusqu'à Paris, mais ce projet ne vit jamais le jour et la voie s'arrêta à Lodève.
La ligne commença sa disparition dans les années 80 avec l'arrivée du chantier de l'A75 à Lodève qui entraina la suppression de la gare et de la plateforme jusqu'à l'entrée de la ville. La voie s'arrête désormais non loin des mines d'uranium.
Le trafic substista jusqu'aux début des années 90 jusqu'à Clermont L'Hérault où une desserte de la cave coopérative assurait un gros trafic dans la période des vendanges.
La prolongation de l'A75 vers Béziers précipita la fin de la ligne puisque cette dernière nécessita la dépose de la voie non loin du village d'Aspiran.
La voie a également été en partie déposée en gare de Paulhan afin de permettre une meilleure circulation automobile ! Seul subsiste aujourd'hui un trafic de trains de ballast jusqu'à la carrière de Lézignan la Cèbe.
La création de cette ligne vint de la volonté de la compagnie du Midi de réaliser une desserte de Montpellier directe (c'est à dire sans passer par Sète et la voie PLM). Cependant la ligne fût par la suite rétrocédée au PLM.
Le trafic voyageur et marchandise y fûrent bons et favorisèrent le désenclavement de l'arrière pays héraultais. Les activités viticoles contribuèrent à ce succès.
En gare de Montbazin une liaison avec les chemin de fer de l'Hérault et la ligne Sète Balaruc était possible.
A l'apogée de l'étoile de Paulhan il était alors possible de relier Montpellier à Toulouse sans passer par Narbonne.
La ligne fût fermée au trafic voyageur le 15 novembre 1970. Seul un trafic marchandise subista alors de Montpellier à Villeveyrac. Au delà, la ligne fût fermée jusqu'à Campagnan et neutralisée de Campagnan à Paulhan.
Un faible trafic marchandise subista jusqu'à Saint Jean de Vedas au début des années 2000.
La création d'une carrière de bauxite à Villeveyrac sonna la fin de la continuité de la voie entre Montpellier et Paulhan. Une partie fut en effet démontée pour permettre le creusement de la carrière.
Plus récemment une autre partie fut déferrée entre Villeveyrac et Campagnan. Partout ailleurs subsiste la voie double champignon recouverte par la végétation.
Une lueur d'espoir vint éclairer cette ligne. En effet, l'aglomération de Montpellier décida conjointement avec RFF d'utiliser une partie de la ligne pour la construction de la ligne 2 du tramway.
La voie fut alors totalement refaite sur les quelques kilomètres utilisés. Le tronçon Montpellier - Saint Jean de Védas étant toujours ouvert au trafic marchandise (même si aucun train n'y passe), la voie devait rester compatible avec ce mode de transport.
Plus récemment l'idée d'une prolongation du tramway en utilisant la ligne vers Cournonsec a été évoquée.
Cette ligne était un des maillons de la transversales Montpellier Toulouse par Rodez. Elle permettait la desserte de quelques bourgades (Nizas 505 hab, Caux 1674 hab, Roujan Neffiès 2534 hab, Faugères 754 hab en 1889).
C'est à Faugères que la ligne venait se connecter à la ligne des Causses. La liaison vers Toulouse continuait jusqu'à Bédarieux et au delà vers St Pons.
Comme pour la partie Paulhan Montpellier, le trafic voyageur fut arrêté à l'automne 1970. Le trafic marchandise subsita jusqu'en 1987, puis la voie fût déposée sur l'intégralité du parcourt.
Il ne subsiste aujourd'hui que les ouvrages d'art et les traces du passé ferroviaire.
- Naissance du chemin de fer en Languedoc - Roussillon
Ed La Régordane, J. Buisson, P. Génelot, JP Pignède
- Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Paulhan_-_Montpellier
- Massif Central Ferroviaire
http://www.massifcentralferroviaire.com/requetes/requeteligsec.php?ID=158