Logo EspaceTrain Nouveau forum ferroviaire
:
Modifié le : 07/12/2014
La construction d'un pont en courbe.
par JLBR
Cliquez sur les photos pour les agrandir

Introduction
Lorsque l'on trace son réseau, on envisage toutes sortes d'ouvrages d'art. Les ponts en sont les exemples les plus représentatifs ; on peut même se laisser à dire qu'ils sont indispensables par le " mouvement " vertical qu'ils apportent et le relief qu'ils imposent.

Les plus courageux d'entre-nous se lancent dans des constructions intégrales, faisant peu appel aux produits du commerce.

D'autres, en revanche dessinent le tracé de leur réseau uniquement en fonction des ouvrages d'art qu'ils trouveront dans le commerce.

J'ai choisi une cote mal taillée entre ces deux attitudes.

Ne voulant pas " restreindre " mon réseau uniquement à ce que l'on trouve dans le commerce, je l'ai tout d'abord tracé sans me préoccuper des éléments préfabriqués. Etant conçu pour l'échelle HO, je me suis orienté vers la voie au mètre afin de ne pas m'enfermer dans un système trop strict.

Lorsque le dessin du réseau fut achevé, je me préoccupais d'acheter les éléments qui devaient le constituer.

Commencé il y a 25 ans avec de la voie Jouef puis de la Roco en code 100, j'ai peu à peu remplacé ces dernières par de la Peco code 75.

Pour les pont droits, notamment celui qui enjambe la gare terminus, je fis appel à des références en plastique Kibri, qui une fois patinées et améliorées me convenaient parfaitement.

Restait le problème de deux ponts situés en courbe ; un franchissant une route, l'autre enjambant une large rivière. Comme je ne voulais pas faire de courbes inférieures à 1 mètre de rayon, je ne trouvais rien qui fut susceptible de me convenir dans le commerce.

C'est ainsi que j'envisageai une construction intégrale de ces deux ponts.
Quelques photos valent mieux qu'un long discours.
La plate-forme supportant les voies est faite en contreplaqué de 10 mm d'épaisseur. Sous les piles des ponts, le remplissage est fait à l'aide de plusieurs épaisseurs soit : de plaques de Dépron de 4 cm (plaques grises sur la photo) soit de plaques de polystyrène expansé de 2cm, collés sous la plate-forme et découpés comme il se doit après durcissement à l'aide d'un grand couteau, afin de suivre la courbe du pont. Jusque là tout va bien, mais maintenant il reste à décorer les flancs, le dessus du pont, et le dessous des arches.
J'ai eu l'idée de continuer à utiliser ce matériau génial qu'est le Dépron, mais cette fois en plaques de 6 mm d'épaisseur (On en voit un échantillon rectangulaire posé sur les chutes de Dépron gris).

Les flancs du pont sont d'abord tracés in-situ, puis découpés à l'aide d'un cutter bien affûté.

Etant équipé de stylos Rotring, j'eu l'idée de dessiner les pierres avec cet instrument. J'ai utilisé la pointe de 0.18mm, elle est suffisamment fine pour faire les joints et suffisamment rigide pour ne pas casser.

A l'aide d'une règle, je dessine d'abord les traits horizontaux, sans avoir peur de faire pénétrer la pointe de 1 à 2 mm dans le Dépron puis, mettant la règle dans l'autre sens, je trace tous mes joints de pierres un à un.

Avec un peu d'habitude c'est très facile et les joints se remplissent d'un peu d'encre de chine permettant une très bonne visualisation du travail effectué.

La photo ci contre, montre un flanc de pont entièrement tracé.

Comme le pont est non seulement courbe, mais en pente, et qu'il a deux arches différentes (en biais sous le pont en plus !), seule la construction personnelle pouvait réunir tous ces critères.

Le Dépron offre un état de surface tout à fait satisfaisant, mais une " brillance satinée " que je trouve particulièrement gênante. De plus, les pigments des pastels dilués à l'eau accrochent très mal.

Un jour, n'ayant pas la bonne peinture sous la main, j'utilisais un fond de pot de peinture acrylique blanche spéciale plafond et… sans odeur.

Le résultat était tout à fait surprenant : cette peinture, très "crémeuse" couvre à merveille et donne un effet de matière. Comme elle est sans solvants, elle accroche également très bien sur des matières synthétiques comme le polystyrène et comme elle se dilue à l'eau, on peut en modifier la viscosité sans difficultés.

Voici l'apparence de la " pierre " brute, juste après sa couche de peinture.

Les deux flancs ainsi préparés, sont collés de chaque côté du pont.

J'en ai profité pour faire le dessous des arches en brique rouge. Pour cela, j'utilise des plaques de briques 'Slater's, préalablement peintes, puis collées et enfin arasées très précisément de chaque côté du pont. Si quelques petites imperfections subsistent, elles sont cachées par les deux flancs qui viennent recouvrir les raccords

Après la pose, une première patine faite à l'aide d'un lavis de pastels beige et de terre à décor gris éléphant dilués est appliquée sur les deux flancs. Grâce à la peinture acrylique, cette patine " croche " très bien sur le Dépron.

Ici, on voit les coups de pinceaux horizontaux, faits préalablement à l'aide de la peinture blanche épaisse pour tenter d'imiter les traits de coupe de la pierre de taille.
Il me restait des parapets MVB en pierre synthétique que je n'avais pas utilisé ; je m'en suis donc servi.

Le seul problème, c'est que ces morceaux de parapets mesurent environ 10 cm de long, et leur mise bout à bout faisaient des angles peu esthétiques. J'ai donc dû les recouper en 3 puis les recoller afin d'obtenir une courbe suffisamment fluide pour qu'elle ne choque pas trop. Je crois que si c'était à refaire (et çà l'est ailleurs !) je ferais des parapets en Dépron. D'ailleurs, la lisse horizontale située sous les parapets est faite d'un morceau de Dépron de 6mm x 9mm, et gravée de manière identique à celle des flancs.

On voit sur cette photo la voie Peco code 75, collée sur une semelle de liège, elle-même collée sur la plate-forme en contreplaqué.

Les pistes latérales situées entre les parapets et la semelle de liège sont faites d'un remplissage d'enduit afin d'obtenir une hauteur plus réaliste entre la voie et la piste.

L'image de gauche montre une vue du pont terminé, le décor de la colline situé en arrière est en cours d'aménagement.

A droite, la 150B " haut le pied " emprunte le nouveau pont terminé et intégré dans son décor.
Conclusion
La fabrication de ce pont m'aura demandé environ 10 heures de travail en tout et le coût de l'opération est réduit à l'achat de 2 feuilles de " briques " Slater's, d'une feuille de Dépron de 6mm chez Casto au rayon " décor de la maison ", d'une plaque de Dépron de 4cm d'épaisseur au rayon " gros travaux ", d'un pot d'un kilo de peinture acrylique sans odeur " spécial plafond ", et j'ai de quoi fabriquer encore les deux ponts qu'il me reste à terminer. Evidemment, ce n'est pas de " l'Architecture de France " ou du " Sud Modélisme ", mais c'est 10 fois moins cher et surtout, comme il n'existe rien de tout fait pour les ponts en courbes et bien...
Texte : JLBR
Photos et réalisation : JLBR
Mise en page : Pascal BANNEVILLE





Commentaires provisoirement désactivés.